STRESS ET ANXIÉTÉ 

Qu'est-ce que le stress ?

Le stress est à la fois un état et un mécanisme naturel

 

C’est Hans Selye, en 1925, qui définit le concept du stress comme un mécanisme biologique, présent dans tout le monde du vivant. Ce mécanisme a eu un rôle fondamental dans l’évolution de l’homme. 

On qualifie ce mécanisme de Syndrome Général d’Adaptation : il intervient dans la réponse d’un individu aux contraintes et aux pressions de son environnement et dans sa capacité à s’y adapter. Cet environnement peut être de nature corporelle, psychologique, interne (des cognitions, des sensations corporelles) ou externe (relations sociales ou menaces physiques). 

 Des stresseurs activent le mécanisme de stress qui produit alors des informations biologiques (des neurotransmetteurs, des hormones) qui vont modifier l’état physiologique de l’individu pour le préparer à réagir à ces stimulations. Ces informations biologiques se traduisent par des émotions. Le ressenti de ces émotions va pousser l’individu à l’action. 

Chaque individu aspire à un état de tranquillité et lorsque la tranquillité est perturbée par un changement (un stresseur), la nouvelle situation est perçue comme intranquille ; le mécanisme du stress va s’activer pour motiver l’individu à rétablir le plus rapidement possible cet état de tranquillité. 

 

On distingue 2 grands types de temporalité du stress : le stress aigu et le stress chronique

Le stress aigu est une phase d’activation du mécanisme de stress durant un événement ponctuel et bref dont l’issue est le plus souvent un retour à l’état de tranquillité. Le stress chronique est une période d’activation du mécanisme du stress prolongée voire durable. L’issue en est, contrairement au stress aigu, le non-retour à l’état de tranquillité. 

 

Du point de la vue purement biologique il n’y aucune différence entre la peur et le stress. La peur étant le sentiment associé à une situation et à des cognitions résultant du mécanisme du stress. 

 

Ce mécanisme intervient dans l’élaboration et la stabilité des comportements et influe directement sur la neuroanatomie du cerveau (notamment au niveau des dendrites, des connexions synaptiques ou des réseaux de neurones). Ces modifications neuroanatomiques vont conduire à des modifications de la mémoire et des comportements. Le stress est donc un élément clé intervenant dans la plasticité cérébrale. 

Comment se manifeste le stress ?

Biologiquement, tous les individus réagissent de la même façon face aux stresseurs. Il n’y a pas de réponse différente entre les individus et pas de spécificités de la réponse : être menacé par un lion dans la savane et redouter un entretien d’embauche produisent les mêmes manifestations.

Ce mécanisme ne s’est pas adapté à notre époque. Le mode de vie civilisé de l’humain est trop récent à l’échelle de son évolution, pour influencer les grands principes qui le régissent, c’est la raison pour laquelle nos réponses au stress restent très primitives.  En revanche, la susceptibilité ou la sensibilité à un stresseur donné diffère d’un individu à l’autre. 

 

Le mécanisme du stress dépend de la perception et de la représentation que chaque individu a du stresseur. La capacité à réguler le stress diffère elle aussi d’un individu à l’autre. Mais le mécanisme lui-même reste invariable, ce sont les stratégies de comportement pour le réguler qui peuvent être développées. 

 

La susceptibilité aux stresseurs évolue en fonction de l’histoire personnelle de l’individu et de son expérience à produire des adaptations utiles ou inutiles.  Le stress a une histoire et cette histoire est personnelle. 

 

Le stress utile va optimiser les capacités, développer une bonne adaptabilité et par conséquent conduire à une sensation de bien-être. Alors que le stress inutile va plutôt impacter négativement la santé mentale et physique, à moyen ou long terme. 

Techniques de gestion du stress : ce que l’on croit et ce que l’on sait 

Il y a encore peu de temps, la science n’était pas capable de fournir des informations fines et précises sur le fonctionnement du stress et d’en comprendre complètement le mécanisme biologique et neurocognitif. Aujourd'hui, on connaît bien mieux ses aspects biologiques et plus généralement tout ce qui influence le comportement humain. 

Quoi qu’il en soit, à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques, certaines sont à disqualifier et d’autres à privilégier.  L’information importante à retenir, c’est que le stress est au cœur de nos comportements. Dès lors, être zen, ce n'est pas le résultat d'une bonne gestion du stress ; tout comme le bien-être ne peut être un état permanent ! 

 

En termes de comportement, il existe deux types de stratégies : les stratégies d’évitement et les stratégies de résolution

Quand on pense “technique de gestion du stress”, on imagine une technique qui va nous éloigner du stress. D’ailleurs, le vocabulaire va dans ce sens : on "lutte contre le stress", on "se débarrasse du stress", on" combat le stress", on parle de méthodes “anti-stress” … Mais en réalité, ces techniques ou ces outils éloignent des stresseurs et s’appliquent en dehors des moments de stress. Non seulement cela les rend moins efficaces mais en plus elles peuvent être considérées comme des stratégies d’évitement. Utiliser des Fleurs de bach, des techniques énergétiques, du reiki, de la PNL, de l’EFT ou des huiles essentielles... ne devraient pas se présenter comme des techniques de gestion du stress mais plus comme des outils de récupération, qui se pratiquent ou s’utilisent sur du temps calme, donc en dehors des moments de stress. Ce qui est intéressant néanmoins, c’est l’activation involontaire de l’effet placebo. Ce phénomène est extrêmement puissant et peut apporter des solutions qui fonctionnent. Mais à ce jour, aucune étude ne confirme l’efficacité de ces techniques d’un point de vue purement scientifique. Elles ne peuvent, en soi, être suffisantes si elles ne proposent pas d’exposition aux stresseurs, s’il n'y a pas d’entrainement au stress.  On est donc là au cœur des Techniques Comportementales et Cognitives

Pour aller plus loin...

Au sommaire :

Comprendre le mécanisme du stress en 1 heure, c'est possible !

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- Stress, définition

- Les sources de stress

- Typologie du stress : stress aigu et stress chronique

- Biologie du stress : de l'identification à la production du comportement

- Stress et neuroplasticité cérébrale

- Le circuit de l'énergie : cercle vicieux et cercle vertueux

- manifestations corporelles et comportementales du stress

- Le stress a une histoire

- Qu'est-ce que la santé mentale et la santé émotionnelle ?

- Différences entre stress, anxiété et dépression

- C'est quoi "être stressé" ?

- C'est quoi "gérer le stress ?"

QU'EST-CE QUE L'ANXIÉTÉ ?

L’anxiété est une réaction normale qui devient une maladie lorsqu’elle survient alors qu’aucun événement ne la justifie vraiment. On parle alors de troubles anxieux, incompatibles avec la vie quotidienne. L’anxiété peut prendre plusieurs formes : anxiété généralisée, phobies, troubles paniques ou troubles obsessifs compulsifs. Les troubles anxieux s’expriment de très nombreuses manières selon l’histoire familiale et personnelle de l'individu, son hérédité, son imaginaire ou les causes des premiers épisodes d’anxiété.
 

QUELLES FORMES L’ANXIÉTÉ PEUT-ELLE PRENDRE ?

L’anxiété peut être diffuse, persistante, irrationnelle et concerner la plupart des situations de la vie quotidienne. On parle alors d’anxiété généralisée. Cette angoisse impossible à contrôler est source de souffrance et rend impossible tout plaisir.

L’anxiété peut également se fixer sur une ou plusieurs situations très précises dont la présence va provoquer des symptômes intenses. Ce sont les troubles phobiques. La phobie devient grave lorsqu’elle oblige la personne touchée à restreindre ses activités.

Parfois, l’anxiété se concentre de manière intense sur une période très courte, quelques minutes à peine. Sans signe annonciateur, elle surgit violemment et provoque des symptômes qui peuvent simuler une crise aiguë de maladie cardiaque, pulmonaire ou neurologique. Ce sont les troubles paniques, également appelés attaque de panique ou crise d’angoisse.

Quelle que soit la forme de l’anxiété, ses manifestations sont souvent similaires. Aux symptômes psychologiques (angoisse, peur, nervosité, difficultés à se concentrer, irritabilité, distraction) s’ajoutent des symptômes physiques parfois éprouvants : palpitations cardiaques, tension musculaire, sensation d’étouffement, sueurs, bouffées de chaleur ou de froid, sensation de boule dans la gorge ou dans l’estomac, insomnies, etc. Ces symptômes physiques n’évoquent pas toujours de manière très évidente l’anxiété, et les patients redoutent d’être atteints d’une autre maladie.

Dans certains cas, l’anxiété ne provoque pas ce type de symptômes mais entraîne la mise en place d’une action répétitive destinée à la soulager de manière temporaire. Ce sont les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Le rituel adopté se répète de plus en plus souvent et finit par gêner la vie sociale et professionnelle du patient, qui vit son anxiété dans le secret et la honte.

QUELS SONT LES SYMPTÔMES DE L’ANXIÉTÉ ?

L’anxiété se manifeste par un sentiment diffus d’inquiétude qui a des répercussions négatives sur le quotidien. La personne anxieuse est fatiguée, irritable, a du mal à se concentrer et se sent incapable de contrôler les situations qui se présentent. Aux symptômes psychologiques s’ajoutent des symptômes physiques parfois éprouvants : palpitations cardiaques, tension musculaire, sensation d’étouffement, sueurs, bouffées de chaleur ou de froid, sensation de boule dans la gorge ou dans l’estomac, insomnies, etc.

LES SYMPTÔMES PSYCHIQUES

La personne ressent de la peur et de l’angoisse face à la plupart des événements de la vie et craint toujours l’arrivée d’une catastrophe. Même lorsque les choses vont bien, elle se dit que cela ne va pas durer. Elle est fatiguée, irritable, a du mal à se concentrer et se sent incapable de contrôler les situations qui se présentent. Parfois, elle s’isole par peur de ne pas avoir le contrôle de ce qui l’entoure (anxiété sociale).

Parfois, la personne angoissée cherche à échapper à sa peur du lendemain en devenant hyperactive, en se lançant dans une fuite en avant qui lui permet d’avoir l’impression de contrôler ce que l’avenir lui réserve.

LES SYMPTÔMES PHYSIQUES

Les symptômes physiques sont variés et nombreux : troubles du sommeil, douleurs musculaires, palpitations, tremblements, mains moites, vertiges, frissons, maux de tête ou maux de ventre, diarrhée ou constipation, sensation de serrement au niveau de la poitrine, impression d’étouffer, nœud à l’estomac ou à la gorge, spasmophilie, envie constante d’uriner, etc.

La spasmophilie est une trop grande sensibilité émotionnelle qui se manifeste par une crise subite, regroupant un ensemble de symptômes très variés : paupières et muscles du visage qui tressaillent, sensation de vertiges et évanouissements, fourmillements, perte de la sensibilité dans les mains, paralysie des doigts, sensation d’étouffer, palpitations, par exemple. Pour les psychiatres, la spasmophilie est une manifestation des troubles anxieux.

QUELLES SONT LES CAUSES DE L’ANXIÉTÉ ?

Des facteurs bien identifiés peuvent provoquer des états d’anxiété, parmi lesquels 

une situation de stress avec épuisement physique ou psychique, par exemple un stress chronique au travail 

  • une maladie ou un décès dans la famille ou dans le cercle d’amis 

  • une situation professionnelle précaire 

  • une nouvelle étape de la vie (comme un départ à la retraite, un divorce, le départ d’un enfant de la maison) 

  • les changements hormonaux de la ménopause 

  • une expérience négative (une agression par exemple) 

  • des affections psychiques (dépression, trouble bipolaire,...)

QUAND ET QUI CONSULTER ?

Mon accompagnement peut vous concerner si  :

  • vous craignez de perdre le contrôle de vos émotions ou vous ressentez le besoin de parler de votre anxiété

  • l'anxiété est passagère, provoquée par une raison identifiable et ponctuelle ou si elle est connue et ancienne

  • les symptômes physiques (palpitations, insomnies, angoisse,...) perturbent votre quotidien

Vous devez consulter un médecin si :

  • vous souffrez de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou de troubles anxieux généralisés

  • votre anxiété s'accompagne d'idées noires

  • votre anxiété mène à un abus d'alcool, de drogues ou de médicaments

  • votre anxiété est associée à une affection psychique (dépression, schizophrénie,...)

Dans tous les cas, un avis médical est recommandé et vous ne devez jamais interrompre un traitement médical sans l'avis de votre médecin.

Source du chapitre sur l'anxiété : www.vidal.fr